À l’approche de la saison touristique, la Communauté de communes du Salagou Cœur d’Hérault lance une campagne expérimentale et hautement spécialisée de faucardage mécanique des plantes aquatiques invasives, pour sécuriser les activités estivales.
Un défi environnemental et économique majeur

Le Lac du Salagou, labellisé « Grand site de France » depuis le 1er juillet 2024, et désormais dans le périmètre du Géoparc mondial UNESCO « Terres d’Hérault », fait face à la prolifération du lagarosiphon. Cette plante aquatique, originaire d’Afrique du Sud et apparue dans le lac en 2009, se développe à un rythme rapide. Bien que l’espèce ne présente aucun danger biologique pour l’homme, qu’elle n’altère pas la qualité de l’eau et qu’elle serve de zone de refuge pour les poissons, sa présence massive constitue un frein économique majeur pour la fréquentation touristique, en rendant parfois la navigation totalement impossible et en altérant la qualité de la baignade.
Face à cette problématique, accentuée par l’apparition récente d’une nouvelle espèce, la Vallisneria Australis, le Conseil Départemental de l’Hérault (CD34) a instauré un plan quinquennal de contrôle et de suivi.
La campagne 2026
Historiquement, la maîtrise des herbiers reposait sur des méthodes manuelles internes, portées par les agents de la Base de plein air Destination Salagou (BPA) et du Centre Technique Intercommunal (CTI), à travers un grand chantier d’arrachage en juin, et un ratissage quotidien des rives. L’année 2026 marque un tournant stratégique majeur, grâce à une autorisation d’expérimentation accordée par le Syndicat Mixte du Grand Site (SMGS).
Une entreprise spécialisée est ainsi mobilisée au cours de ce mois de juin, pour traiter une surface totale cumulée de 50 000 m². L’opération cible trois secteurs clés > la zone de baignade de Clermont l’Hérault, le port de la BPA et la zone de mise à l’eau des pêcheurs.
Les techniques déployées combinent performance technique et respect rigoureux de l’écosystème :
- Faucardage mécanique approfondi jusqu’à 2,20 mètres de profondeur pour libérer l’accès aux embarcations
- Récupération systématique des végétaux coupés pour éviter leur dispersion
- Fraisage et scarification des rhizomes afin de ralentir durablement la repousse
- Éco-responsabilité stricte avec l’utilisation exclusive de produits biodégradables et un nettoyage minutieux du matériel utilisé
Un investissement intégralement pris en charge par l’intercommunalité
Pour mener à bien cette opération d’envergure, la Communauté de communes assure l’intégralité du financement de la prestation de faucardage, à hauteur de 9 000 €. Parallèlement, soucieuse d’améliorer les conditions de travail de ses agents de terrain, l’intercommunalité investit 700 € dans l’acquisition d’une brouette à assistance électrique, afin d’alléger la pénibilité du ramassage quotidien. Ce plan d’équipement se déploiera également en 2027, avec l’achat prévu d’une barre de faucardage mécanique, adaptable sur un bateau de la Base de plein air.
La collectivité rappelle que si la présence du lagarosiphon est désormais un fait environnemental accepté, qui ne peut être totalement éradiqué, ces actions d’entretien annuel demeurent indispensables, pour concilier usages de loisirs et préservation de ce site naturel d’exception.
Les chiffres clés de la campagne 2026 :
- 50 000 m² : La surface globale de plan d’eau nettoyée et sécurisée lors de cette intervention (port, baignade et mise à l’eau)
- 2,20 mètres : La profondeur maximale jusqu’à laquelle le faucardage mécanique est exécuté
- 1 à 1,5 mètre : La profondeur actuelle des herbiers dans les zones encore navigables, placées sous haute surveillance
- 9 700 € : L’enveloppe budgétaire totale investie par la Communauté de communes, pour la prestation technique et le matériel de terrain en 2026